Comprendre la science du climat
Les températures
Des hausses de températures importantes sur l’ensemble du Québec sont à prévoir jusqu’à la fin du siècle (Figure 1). Pour les 30 prochaines années, ces hausses de température demeurent similaires, quel que soit le scénario d'émissions de gaz à effet de serre (GES) envisagé.
Tout comme pour les tendances observées, les modèles climatiques projettent des différences selon les régions avec notamment un réchauffement plus marqué dans le Nord que dans le sud du Québec.

Figure 1 : Évolution des températures moyennes annuelles sur le Québec de 1950 à 2100. La partie gauche montre le climat passé simulé par un ensemble de modèles climatiques (zone grise) et les observations historiques (trait bleu). La partie droite montre le climat projeté par l’ensemble de modèles. Le SSP2-4.5 est un scénario d’émissions de GES médian, le SSP3-7.0 est un scénario d’émissions élevées. Tiré des Portraits climatiques d’Ouranos basés sur CMIP6.
Les projections pour un scénario d’émissions élevées :
Dans le nord du Québec, les températures moyennes annuelles pourraient augmenter de 2 à 3°C d’ici la mi-siècle et de 4 à 6°C d’ici la fin du siècle.
Pour le sud du Québec, les températures moyennes annuelles pourraient augmenter de 2 à 3°C d’ici la mi-siècle et de 4 à 5°C d’ici la fin du siècle.
*Les changements anticipés sont par rapport à la période historique de référence 1991-2020.

Figure 2 : Températures annuelles moyennes (°C) pour la période historique 1991-2020 à (panneau à gauche) et changements projetés (°C) pour la période future 2071-2100 (panneau à droite), pour un scénario d’émissions élevées SSP3-7.0. Source : Portraits climatiques d’Ouranos, 2026.
Température estivale
En période estivale, l’augmentation des températures se traduira notamment par une fréquence accrue des vagues de chaleur, particulièrement dans le sud de la province. Cette tendance s’avère cohérente avec divers travaux de référence, dont ceux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Figure 3).
À titre d’exemple, en Outaouais, alors que la température maximale régionale dépassait 30°C environ 3 jours par an au cours des dernières décennies, ce seuil pourrait être franchi jusqu’à 25 jours par année en 2050 et 50 jours en 2080, ce qui correspond à plus d’un mois et demi par année.

Figure 3 : Nombre annuel de jours avec une température maximale supérieure à 30 °C pour la période historique 1991-2020 (panneau à gauche) et changements projetés pour la période future 2071-2100 (panneau à droite), pour un scénario d’émissions élevées SSP3-7.0. Sources : Portraits climatiques d’Ouranos, 2026.
Températures hivernales
Les températures hivernales ont aussi tendance à se réchauffer, et ce de façon plus marquée dans le nord de la province avec des augmentations atteignant +8 à 13 °C en moyenne annuellement d’ici la fin du siècle pour un scénario d’émissions de GES élevé (Figure 4).

Figure 4 : Températures hivernales moyennes (°C) pour la période historique 1991-2020 (panneau à gauche) et changements projetés (°C) pour la période future 2071-2100 (panneau à droite), pour un scénario d’émissions élevées SSP3-7.0. Sources : Portraits climatiques d’Ouranos, 2026.
Les événements de gel-dégel maintiennent une légère tendance à la baisse comme dans les observations à l’échelle annuelle sur l’ensemble du Québec. Il y a toutefois des nuances selon les saisons notamment durant l’hiver dans les régions plus au sud ou le nombre de jours de gel-dégel sera plus fréquent.
Les précipitations
Le réchauffement des températures globales entraîne des répercussions sur les régimes de précipitations par une accélération du cycle de l’eau. Une atmosphère plus chaude génère plus d’évaporation et peut contenir plus de vapeur, ce qui peut mener à des précipitations accrues dans certaines régions. Pour l’ensemble du Québec, une hausse des précipitations totales (pluie et neige) annuelles de 11% à 16% est attendue d’ici à la fin du siècle, selon les scénarios d’émissions de GES modérées et élevées.
Cette tendance cache toutefois des disparités régionales et saisonnières importantes. Une augmentation relative plus accrue des précipitations totales est prévue au nord du Québec par rapport au sud. Cela ne signifie pas que le Nord recevra des quantités plus importantes, mais que la hausse relative sera plus marquée, puisque les niveaux précipitations sont historiquement plus faibles comparativement aux autres régions.
Les hausses de précipitations totales seront plus marquées en hiver, au printemps et en automne alors que les projections indiquent des augmentations plus faibles en été, voire des changements nuls dans le sud-ouest de la province.
Les projections pour un scénario d’émission élevées :
Pour le nord du Québec, la moyenne des précipitations annuelles totales pourrait augmenter de 9 à 12% d’ici à la moitié du siècle et de 16 à 28 % d’ici à la fin du siècle.
Pour le sud du Québec, la moyenne des précipitations annuelles totales pourrait augmenter de 7 à 10 % d’ici à la moitié du siècle et de 11 à 16% d’ici à la fin du siècle.

Figure 5 : Précipitation totale (mm) pour la période 1991-2020 (panneau de gauche) et changements projetés (%) pour la période 2071-2100 (panneau de droite) pour un scénario d’émissions élevées SSP3-7.0. Source : Portraits climatiques d’Ouranos, 2026.

Figure 6 : Changement projeté des précipitations moyennes annuelles liquides (en %) pour la période future 2071-2100 par rapport à la période1991-2020, pour le scénario d’émissions élevées SSP3-7.0. Source : Portraits climatiques, 2026.
Précipitations liquides versus solides
Les tendances associées au total des précipitations cachent également des différences entre la pluie et les chutes de neige. L’augmentation projetée est principalement attribuable à la part des précipitations sous forme liquide. Celle-ci est assez marquée dans l’ensemble du territoire avec des changements relatifs plus importants au nord qu’au sud (figure 6).
Pour ce qui est des précipitations solides annuelles, une diminution est plutôt attendue dans le sud du territoire et une augmentation à l’extrême nord du Québec et une zone avec peu de changement entre les deux (figure 7, à gauche). Toutefois, pour la saison hivernale, les augmentations sont beaucoup plus marquées à partir du 50e parallèle et les valeurs augmentent graduellement vers le nord (figure 7 à droite).
Au sud, des diminutions des précipitations solides sont attendues, même en hiver. Cela est notamment dû au réchauffement des températures qui occasionne un changement d’état des précipitations (de neige à pluie). Ce changement d’état a des impacts sur la gestion de l’eau et l’hydrologie, se reflétant notamment par des crues printanières plus hâtives et des risques d’inondations qui persisteront plus tard en automne, en plus d’affecter l’ensemble des activités hivernales dans le sud de la province.

Figure 7 : Changement projeté (en %) des précipitations moyennes annuelles solides (à gauche) et des précipitations moyennes solides en hiver (à droite), pour la période future 2071-2100 par rapport à 1991-2020, pour un scénario d’émissions élevé SSP3-7.0. Source : Portraits climatiques, 2026.
Précipitations extrêmes et adaptation
Toutes les régions du Québec subiront des hausses significatives de l’ensemble des indicateurs de précipitations annuelles abondantes et extrêmes, tant en quantité qu’en fréquence. Par exemple, le nombre de jours avec des précipitations supérieur à 20 mm sur 1 journée augmentera pour l’ensemble de la province, de manière plus marquée au sud avec une hausse de près de 4 jours pour certaines régions. De même, les quantités de pluies accumulées sur 5 jours pourraient augmenter de 12% en moyenne sur l’ensemble de la province d’ici 2050 pour un scénario d’émissions élevé.
Ces tendances au niveau des précipitations auront inévitablement des répercussions sur l’ampleur et la fréquence des inondations et entraineront des impacts sur le cadre bâti, la production hydroélectrique, le drainage urbain et les divers usages de l’eau si des actions d’adaptation ne sont pas mises de l’avant.
En ce sens, l’utilisation des données climatiques du passé pour planifier la gestion des précipitations à long terme n’est plus de mise. Le recours aux projections climatiques est clairement devenu une nécessité.
Pour en savoir plus sur l'impact des changements climatiques sur :
Visualisez et accédez à des indices climatiques en climat historique et futur
Les Portraits climatiques d’Ouranos offrent des représentations graphiques interactives de l’évolution des températures et des précipitations projetées sur le Québec sur une base annuelle et saisonnière. On peut visualiser et télécharger des cartes, figures d’évolution et tableaux sur l’ensemble du Québec ou par région administrative.
Le site donneesclimatiques.ca du Centre canadien des services climatiques donne accès à des indices et offre la possibilité de fixer des seuils personnalisés répondant à des besoins spécifiques.