Forêt
Impacts directs et indirects des changements climatiques, ravageurs, maladies et espèces exotiques envahissantes, la santé et le fonctionnement des forêts sont affectés par de nombreux facteurs. Sans mesure d’adaptation, ces bouleversements climatiques pourraient entraîner de graves répercussions économiques et écologiques sur les forêts du Québec.
Le rôle essentiel des écosystèmes forestiers pour le climat et la biodiversité
Les forêts constituent un habitat pour la biodiversité, en abritant plus de la moitié des espèces animales, végétales et d’insectes sur la planète.
Les écosystèmes forestiers régulent également le climat et jouent un rôle majeur dans la lutte contre les changements climatiques En absorbant le carbone présent dans l’air et en le stockant, elles peuvent agir comme puits de gaz à effet de serre (GES).
À l’échelle mondiale, les forêts renferment environ la moitié du carbone accumulé par les écosystèmes terrestres. La séquestration du carbone atmosphérique par les forêts, capté et fixé dans la biomasse et dans les sols, contribue ainsi à atténuer les changements climatiques d’origine humaine.
Cependant, les perturbations naturelles (p.ex le feu et les ravageurs) et humaines (p.ex les coupes) peuvent affecter le cycle naturel du carbone. Ces événements peuvent ainsi modifier le rôle des forêts : en émettant davantage de GES qu’elles n’en séquestrent, celles-ci risquent de devenir des sources d’émission plutôt que d’absorption.
Au cours des dernières années, l’ensemble des forêts aménagées du Canada, ainsi que les produits du bois qui en sont issus, est ainsi devenu une source de carbone. Les perturbations naturelles ont contribué à ce changement, notamment en raison de l’augmentation des superficies forestières touchées par les feux de forêt et les insectes.
Définition | Puits de gaz à effet de serre
Tout processus, activité ou mécanisme qui absorbe et élimine un aérosol ou un gaz à effet de serre, comme le CO2, contribuant aux changements climatiques. Par exemple, les végétaux agissent comme puits de gaz à effet de serre en fixant et absorbant le CO2 par le mécanisme de la photosynthèse qui leur permet de produit de l’énergie. En retirant ces éléments de l’atmosphère, les puits de gaz à effet de serre contribuent efficacement à atténuer le réchauffement climatique.
Définition | Source de gaz à effet de serre
Tout processus ou une activité qui émet des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, comme le CO₂, le méthane (CH₄) ou le protoxyde d’azote (N₂O). Ces émissions contribuent à renforcer l’effet de serre et le réchauffement climatique.
Les forêts : un pilier pour les communautés
Les forêts représentent une ressource économique importante pour de nombreuses collectivités. Les forêts offrent également un soutien aux communautés en pouvant atténuer la fréquence et l’intensité de nombreux phénomènes météorologiques extrêmes, comme les vagues de chaleur, les tempêtes et les inondations. En absorbant et retenant l’eau de pluie, les forêts régulent les cours d’eau, ce qui contribue à un approvisionnement en eau potable et à la sécurité alimentaire des communautés. Elles offrent aussi un lieu de vie, du travail et des avantages récréatifs et socioculturels à de nombreuses populations.
Des forêts publiques et privées
Les forêts occupent plus de la moitié du territoire québécois et s’étendent sur environ 907 000 km2.
92 % de cette surface font partie du domaine public, c’est-à-dire qu’elles sont sous la responsabilité du gouvernement. Il assure un rôle de gestion des activités d’aménagement Cela dans le but d’accroître et de diversifier durablement l’apport de la forêt à la société québécoise et d’améliorer le niveau de vie et la croissance des communautés.
Dans une perspective de gestion durable, plusieurs zones sont exclues de la récolte forestière. C’est notamment le cas des territoires protégés (comme les aires protégées), des secteurs à faible productivité forestière (par exemple au nord de la limite des forêts attribuables) ainsi que des milieux humides et aquatiques à préserver.
Ainsi, la superficie réellement disponible pour l’aménagement forestier est d’environ 236 000 km², ce qui correspond à près de 29 % de la forêt publique.
Chaque année, environ 1 800 km² sont récoltés en territoire public, ce qui représente environ 0,2 % des 907 000 km² du territoire forestier.
Les forêts privées, quant à elles, représentent 8% des forêts de la province et sont partagées par près de 163 000 propriétaires. Elles sont principalement concentrées dans le sud du Québec. Bénéficiant du climat plus doux et de sols fertiles, ces forêts, localisées près des usines de transformation ainsi que des bassins de main-d’œuvre, sont productives et accessibles.
Les principales zones forestières du Québec
Les forêts du Québec sont très diversifiées et les espèces d’arbres du sud de la province diffèrent nettement de celles du nord. Ces variations s’expliquent par plusieurs facteurs, notamment le climat, la nature des sols, les modes de régénération des arbres et les perturbations naturelles qu’ils subissent, comme les feux, les insectes, le vent ou les maladies. De manière générale, trois zones forestières principales se dégagent :
La forêt feuillue occupe tout le sud du Québec, de l’Outaouais jusqu’en Chaudière-Appalaches, où le climat est plus clément. Les érablières y sont les peuplements forestiers les plus répandus. On y trouve une majorité d’érables à sucre accompagnés d’autres espèces comme des hêtres, des bouleaux jaunes et des érables rouges.
La forêt mixte est un milieu où se côtoient l’abondance et la diversité, tant en matière de conifères (p.ex sapins, épinettes, pins) que de feuillus (p.ex bouleaux jaunes, érables rouges, peupliers). Ces forêts rassemblent ainsi des espèces du nord et du sud qui créent des paysages magnifiques en toute saison.
La forêt boréale représente la plus grande étendue forestière du Québec, couvrant les régions de l’Abitibi jusqu’à la Côte-Nord et la Gaspésie. Ces forêts renferment surtout des conifères, comme les sapins et les épinettes, mais également des feuillus qui apprécient la lumière, comme le peuplier et le bouleau à papier.

Figure 1 : Les principales zones forestières du Québec. (Tiré de l’Association forestière du sud du Québec, s.d.)
L’industrie forestière
L’industrie forestière est un acteur économique important dans toutes les régions du Québec. Plus de 900 municipalités, soit environ 82 % des municipalités québécoises profitent des retombées de cette industrie.
En 2024, les exportations de ce secteur économique totalisaient 11 543, 60 M$, soit 1,7% du PIB du Québec. Le secteur des produits forestier contribuait à près de 57 000 emplois dans la province. La majorité du bois récolté provient des forêts publiques (plus de 70% du volume de bois récolté en 2024-2025) le reste est issu des forêts privées.
Dernière mise à jour de la page : février 2026.