Agriculture
Comment les changements climatiques affectent-ils la production agricole ?
Les températures moyennes annuelles dans le sud du Québec monteront de 2 à 4⁰C d’ici à 2050, par rapport aux températures de 1981-2010. Le dernier gel printanier arrivant plus tôt et le premier gel automnal arrivant plus tard, la saison de croissance des plantes s’en trouvera allongée. Cela pourrait bénéficier à la production des cultures, telles que le maïs, le soya, et certaines espèces fourragères. Pour profiter de cette augmentation du potentiel de production, les pratiques doivent être adaptées aux nouvelles conditions. La date ou le nombre de récoltes annuelles pourrait donc être modifié, ou encore des variétés plus résistantes au climat du futur pourraient être utilisées. Par contre, les cultures qui poussent dans des régions plus fraîches (canola, orge, blé, etc.) seraient pénalisées par ces changements.
Selon l’Atlas agroclimatique du Québec, avec un scénario d’émissions de gaz à effet de serre élevé, certaines régions agricoles pourraient voir le début de leur saison de croissance être devancé de plus de deux semaines en 2050 par rapport à 1971-2000.
Sur cette page, retrouvez de l'information sur les sujets suivants :
Changements dans la croissance des plantes | Menaces et ennemis des cultures | Événements climatiques dommageables | Événements internationaux affectant le secteur agricole du Québec
Les températures moyennes annuelles dans le sud du Québec augmenteront de 2 à 3⁰C d’ici 2050, par rapport aux températures de 1991-2020. Le dernier gel printanier arrivant plus tôt et le premier gel automnal arrivant plus tard, la saison de croissance des plantes s’en trouvera allongée.
L’accumulation de chaleur augmentera également durant la saison de croissance. Par exemple, en Montérégie, les degrés-jour de croissance (DJC) de base 5⁰C pourraient augmenter de 855 DJC d’ici 2071-2100 par rapport à la période de référence de 1991-2020, selon un scénario de gaz à effet de serre élevé.

Figure 2 : Comparaison des degrés-jour de croissance annuelle de base 5⁰C en Montérégie entre le climat actuel (1991-2020) à gauche et le climat futur (2071-2100) à droite, selon le scénario à émissions élevées (SSP7-7.0), 50e centile. (Portraits climatiques, Ouranos).
Cela pourrait bénéficier à la production des cultures, telles que le maïs et le soya, et certaines espèces fourragères. Pour profiter de cette augmentation potentielle des rendements de certaines cultures, les pratiques doivent être adaptées aux nouvelles conditions. La date ou le nombre de récoltes annuelles pourrait donc être modifié, ou encore des variétés plus adaptées au climat futur pourraient être utilisées.
Toutefois, les cultures qui poussent dans les régions plus fraîches (canola, orge, blé, etc.) seraient pénalisées par ces changements.
Plusieurs régions, actuellement trop froides pour la production de certaines cultures, pourraient voir leur potentiel se développer. Il y aura donc une possible expansion de certaines cultures vers le nord, comme le maïs-grain, le soya et la pomme, si la qualité des sols et la topographie le permettent. D’ici 2050, la viticulture pourrait également s’étendre à des régions avec un nouveau potentiel climatique viticole, comme le sud de l’Outaouais et la vallée du Saint-Laurent.

Figure 3 : Évolution du potentiel climatique viticole dans la vallée du Saint-Laurent jusqu’à l’horizon 2065 selon une combinaison des scénarios RCP 4.5 et 8.5. Les conditions favorables à la viticulture : plus de 1000 degrés-jour, 156 jours consécutifs sans gel, des températures hivernales minimales supérieures à -30°C et moins de 20 jours avec une température inférieure à -22°C. (Source : Alberti-Dufort et al., 2022 (Source originale : Roy et al., 2017)
Il est important de mettre en place des mesures pour protéger la qualité des sols. Ces terres pourraient éventuellement être converties en cultures annuelles dans les régions plus froides, où les cultures pérennes occupent encore des superficies importantes. Cela est particulièrement important dans les régions comptant des sols argileux, comme ceux des Laurentides, du Témiscamingue et du pourtour du Lac-Saint-Jean, ainsi que dans les secteurs à sols sableux du nord du Lac-Saint-Jean et de l’Abitibi. Dans ces milieux, la teneur organique des sols pourrait diminuer davantage du fait des changements climatiques et du changement de culture.
Projet de recherche | Évolution d’indicateurs spatialisés de la santé des sols sous l’effet des changements climatiques au Québec et en Ontario
Ce projet, destiné aux producteurs et des intervenants du milieu agricole, propose des outils pour appréhender les impacts des changements climatiques sur l’utilisation du territoire, la santé des sols et leur vulnérabilité à la dégradation.
Malgré certains avantages de croissance que pourrait offrir un climat plus chaud, des impacts négatifs sont aussi attendus, ce qui pourrait limiter les gains de croissance. Depuis toujours, les producteurs agricoles ont eu à faire face à des ennemis des cultures, que ce soit des insectes, des maladies ou des mauvaises herbes. Toutefois, les modifications du climat pourraient avoir un impact majeur sur leur abondance et leur répartition.
Ainsi, plusieurs espèces naturellement présentes sur le territoire québécois pourraient proliférer davantage et être rejointes par des espèces exotiques envahissantes migrant vers le nord. Cela pourrait accroître le risque de dommages aux cultures et donc influencer l’utilisation de pesticides, entraînant des répercussions sur la qualité de l’environnement et sur la santé humaine.
Projet de recherche | Adaptation des mesures phytosanitaires pour les ravageurs et maladies de cultures fruitières à l’égard des impacts des changements climatiques
Ce projet offre aux décideurs et aux clubs d'encadrement technique les meilleures connaissances afin de planifier l’adaptation progressive des services aux producteurs en fonction des menaces identifiées et ainsi favoriser l’adaptation du secteur de la phytoprotection aux changements climatiques.
Projet de recherche | Impacts des changements climatiques et mesures d’adaptation contre les ravageurs présents et potentiels en grandes cultures au Québec
Les outils de planification et d’action des décideurs bénéficieront des connaissances issues de ce projet, favorisant ainsi l'adaptation du secteur de la phytoprotection aux changements climatiques. Les résultats obtenus permettront également aux clubs d'encadrement technique de planifier l'adaptation progressive de leurs services aux producteurs.
Événements climatiques dommageables
Les changements climatiques se traduiront également par une augmentation des épisodes de chaleur extrême, une augmentation des épisodes de gel-dégel en hiver, des événements de précipitations extrêmes ainsi qu’une aggravation des épisodes de sécheresse.
En augmentant la fréquence et l’intensité des canicules, les changements climatiques pourront affecter les cultures ainsi que les animaux d’élevage. Ces derniers peuvent subir un stress physique dû à la chaleur, diminuant leur productivité, leur reproduction et leur bien-être. Le risque est réduit lorsque les bâtiments d’élevage sont équipés de systèmes de rafraîchissement, comme la ventilation ou la brumisation, à condition de s’assurer qu’ils restent efficaces dans ces nouvelles conditions.
L’intensification des périodes de forte chaleur peut également accroître les risques sur la santé des travailleurs agricoles, qui exercent principalement leur métier à l’extérieur. Des problèmes de santé comme des coups de chaleur, de la déshydratation ou des troubles cardiovasculaires liés aux conditions de travail difficiles peuvent se faire ressentir.
L’augmentation des événements de gel-dégel en période hivernale est un autre facteur pouvant affaiblir la productivité. En effet, les périodes de froids hivernaux en l’absence de la neige qui protège normalement les racines des plantes, les rendent plus vulnérables au gel, augmentant du même coup leur mortalité. Ces événements climatiques affectent particulièrement certaines cultures fourragères pérennes, souvent utilisées pour l’alimentation du bétail.
Projet de recherche | Choix des graminés fourragères et des mesures d’atténuation du stress thermique des vaches sur les fermes laitières québécoises dans un contexte de changements climatiques
Les résultats de ce projet permettent aux gestionnaires des fermes laitières de mieux choisir des mélanges fourragers adaptés aux conditions climatiques actuelles et futures. Ils fournissent également des solutions afin de diminuer le risque de stress thermique dans les étables pendant les épisodes de forte chaleur estivale.
Les projections climatiques indiquent une augmentation autant des événements de précipitations extrêmes que des périodes de faible précipitation associées à des périodes de sécheresse.
D’une part, les précipitations intenses peuvent endommager les cultures et les champs. Cela peut causer de l’érosion des sols et du ruissellement de surface et favoriser le transfert d’éléments nutritifs et de pesticides vers les étendues d’eau avoisinantes.
D’autre part, l’augmentation des températures estivales entraînera une évapotranspiration plus élevée, ce qui accentuera les besoins en eau des cultures en plein champ ou sous abris. La hausse des températures affectera également les élevages et augmentera leurs besoins en eau pour l’abreuvement des animaux, mais aussi pour le contrôle de la température dans les bâtiments.
Les besoins en eau pour le secteur agricole pourraient donc augmenter du fait de l’évolution du climat et contribuer localement à accentuer la pression sur la ressource en l’eau dans les secteurs où les prélèvements agricoles sont prépondérants.
Projet de recherche | Recherche participative d’alternatives durables pour la gestion de l’eau en milieu agricole dans un contexte de changements climatiques
Les projets RADEAU 1 et 2 ont notamment permis d'alimenter le gouvernement et les acteurs régionaux en matière de gestion de l'eau. Ils ont permis de valoriser et de structurer des données existantes pour catégoriser le bilan hydrique de certaines régions en climat actuel et futur. Ils proposent également des recommandations pour l'élaboration de stratégies d’intervention afin d'atténuer ou d'éviter des conflits d’usage de l’eau à l’échelle du Québec agricole.
Projet de recherche | Acériculture et changements climatiques : Identifier les préoccupations des acériculteurs et leur transmettre la meilleure information pour promouvoir et favoriser l’adaptation
Ce projet a pour objectif de produire une information utile à l’adaptation du secteur acéricole, présentée dans une forme adaptée aux besoins des usagers, soit les acériculteurs et les organisations qui les représentent. Il vise également à mieux comprendre leurs perceptions et préoccupations face aux impacts des changements climatiques sur leurs pratiques, à explorer les solutions d’adaptation possibles et à évaluer si ces perceptions varient selon les régions et les provinces.
Événements internationaux affectant le secteur agricole du Québec
Les impacts des changements climatiques qui touchent les régions agricoles ailleurs dans le monde peuvent avoir des répercussions sur les marchés agricoles mondiaux. Le Québec peut y être exposé en raison de ses exportations ou de ses importations de produits agroalimentaires. Par exemple, l’augmentation des événements de sécheresses, d’inondations ou même de feux de forêt dans les pays d’où proviennent certains aliments importés consommés au Québec peut se répercuter sur leur disponibilité et leur coût dans les épiceries. Ce sont souvent les populations les plus défavorisées qui sont davantage affectées.
En plus des impacts sur la production agricole, les changements climatiques peuvent également affecter la transformation et la distribution alimentaires de façon directe, indirecte ou en cascade entre les différents maillons de la chaine. Les impacts peuvent également être interreliés entre eux et concernent l’ensemble des sphères d’activités des entreprises.
Les impacts des changements climatiques sur la production agricole au Québec, comme ailleurs dans le monde, peuvent avoir des conséquences sur le produit en lui-même. Ils peuvent également avoir des effets sur la disponibilité, la qualité et le prix des matières premières destinées aux usines de transformation ainsi que sur les produits alimentaires destinés aux distributeurs.
L’augmentation projetée de la fréquence et de l’intensité d’évènements extrêmes dans un climat plus chaud (précipitations extrêmes et inondations, vagues de chaleur, sécheresse, feux de forêt, etc.) peut également avoir des répercussions directes sur la transformation et la distribution alimentaire, ainsi que sur le transport et l’entreposage. Ces événements peuvent endommager les infrastructures et les installations (ex. inondation d’une usine), entraîner la fermeture des routes et perturber les circuits logistiques ainsi que les itinéraires de livraison. Ils peuvent aussi provoquer des ruptures de l’approvisionnement en eau et en électricité et entraîner des risques de détérioration et de contamination des produits.
Les événements extrêmes peuvent également affecter la santé et la sécurité des travailleurs, comme cela peut être le cas pour les travailleurs extérieurs lors d’événements de chaleurs extrêmes. La mobilité des travailleurs peut également être perturbée en raison des bris aux infrastructures.
Ainsi, les impacts économiques sur les entreprises peuvent être importants, incluants :
- La baisse des revenus et de la productivité
- L’augmentation des coûts d’exploitation
- L'augmentation des dépenses en capital
- L’augmentation des coûts d’assurance
Projet de recherche | Lait-é : Vers un secteur laitier résilient aux changements climatiques
Ce projet vise à renforcer la résilience de la filière laitière québécoise face aux changements climatiques, en développant des stratégies novatrices qui assurent la qualité du lait et le bien-être animal, tant à l’étable qu’au niveau de la transformation.
Projet de recherche | Explorer les risques à la santé et sécurité associés aux changements climatiques et les pistes de prévention prometteuses chez le personnel des entreprises de transformation alimentaire au Québec
Ce projet vise à développer des connaissances sur les risques que représentent les changements climatiques pour la santé et la sécurité du travail, chez les travailleurs de la transformation alimentaire du Québec.
Dernière mise à jour de la page : janvier 2026.

