Comprendre la science de l'adaptation
Les deux faces de la lutte contre les changements climatiques
Cela fait plus d’un demi-siècle que les activités humaines entraînent l’émission de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère. Le réchauffement global est donc déjà bien entamé et certains impacts des changements climatiques sont de ce fait inévitables. Les répercussions économiques, sociales et environnementales, déjà observables, s’accentueront.
La lutte contre les changements climatiques se déploie sous deux formes parallèles et aussi essentielles l’une que l’autre.
Définitions | Atténuation et adaptation
Atténuation : Intervention humaine visant à réduire les sources et les émissions et/ou à renforcer les puits de gaz à effet de serre.
Adaptation : Ensemble d’initiatives et de mesures prises pour réduire la vulnérabilité et renforcer la résilience des systèmes naturels et humains aux effets réels ou prévus des changements climatiques.
L’atténuation
L’atténuation des changements climatiques implique la réduction de la quantité de GES présents dans l’atmosphère en diminuant les émissions de GES et en augmentant leur absorption dans des puits de carbone. L’atténuation des changements climatiques est essentielle pour limiter l’augmentation des événements extrêmes et tenter de stabiliser les événements à évolution lente.
Toutefois, les avantages de ces efforts d’atténuation ne se feront ressentir que dans quelques décennies.
L’adaptation
Combinée aux efforts d'atténuation, l’adaptation s’avère donc essentielle et présente une opportunité pour apprendre à vivre dans la nouvelle réalité climatique qui s’installe. Le message du dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est d’ailleurs sans équivoque : l'urgence et la complexité de la crise climatique exigent des actions d’adaptation d’une profondeur et d’une ampleur nouvelles.
Plusieurs études soulignent également qu’en investissant dès maintenant dans l’adaptation, des coûts encore plus importants seront évités à l’avenir. En effet, les avantages potentiels des actions d’adaptation, qui peuvent être aussi environnementales et sociales que financières, l’emportent sur leurs coûts à long terme.
L’Institut climatique du Canada a calculé que l’adoption proactive de mesures d’adaptation diminue de moitié les coûts des changements climatiques.
Toutefois, ni l’adaptation ni l’atténuation ne pourront à elles seules empêcher les impacts importants qui découlent des changements climatiques. Ainsi, une stratégie équilibrée entre l’atténuation et l’adaptation est essentielle pour réduire les conséquences liées aux changements climatiques.
Conjuguer l’adaptation avec une réduction mondiale des émissions diviserait par quatre les coûts des changements climatiques selon l’Institut climatique du Canada.
Les choix de mesures d’adaptation faits dans l’empressement peuvent entraîner une maladaptation. Toutefois, lorsqu'elle est bien planifiée et bien coordonnée, l’adaptation s’avère généralement moins coûteuse et plus efficace à long terme. De plus, les mesures d’adaptation peuvent générer d’autres avantages comme l’accroissement de la biodiversité, la croissance économique, l’amélioration de la qualité de vie et l’atténuation des changements climatiques.
Planifier l’adaptation sur le court et le long terme est plus efficace :
À court terme, la planification de l’adaptation aux changements climatiques se concentre sur des mesures d’urgence. Celles qui permettent de faire face aux impacts lorsque l’aléa survient, de réparer les dommages et de revenir à la normale ou en état de fonctionner relativement rapidement. On parle alors de planifier des mesures d’adaptation réactives.
À long terme, la planification de l’adaptation aux changements climatiques se concentre sur des mesures qui sont implantées avant que les impacts se manifestent et dont le but est de diminuer les impacts lorsque l’aléa survient. On parle alors de planifier des mesures d’adaptation proactives ou anticipatives.