Gel et dégel
Dans l’ensemble du Québec, les projections indiquent que les changements climatiques devraient engendrer un déplacement de la période durant laquelle se produiront les événements de gel-dégel.
En effet, l'augmentation des températures moyennes peut entrainer des variations à la période pendant laquelle les températures sont propices au gel-dégel. Selon une étude publiée dans le Journal of Applied Meteorology and Climatology, les événements quotidiens de gel-dégel deviendront plus fréquents en hiver et diminueront lors des saisons charnières (automne-printemps).
Changements de saisonnalité des événements de gel-dégel dans les régions du Québec
Selon un horizon d’émissions élevé (SSP3-7.0), les projections climatiques indiquent que les événements de gel-dégel se déplaceront dans les saisons pour toutes les régions du Québec, se produisant environ deux semaines plus tôt au printemps et deux semaines plus tard à l’automne d’ici à la fin du siècle.
Pour le nord du Québec, alors que ces événements se produisaient majoritairement en septembre-octobre et en mai-juin dans la période de référence, ceux-ci se produiront davantage en octobre et en mai à l’horizon 2100.
Dans le sud de la province, les événements de gel-dégel sont actuellement plus fréquents de la mi-octobre au début décembre et de mars à mai. Cependant, d’ici 2100, les projections indiquent qu’on en observera davantage de décembre à février. C’est ainsi que les deux saisons de gel-dégel se rapprocheront dans la saison hivernale et tendront progressivement à devenir une seule saison de gel-dégel. En effet, la probabilité de voir des jours avec gel-dégel au mois de janvier, doublera, passant de 20% à 40%.

Figure 1 : Fraction (%) des années durant lesquelles un événement de gel‑dégel se produit pour chaque jour de l’année, obtenue à partir du modèle ESPO‑G6‑R2 pour les quatre régions (NQ, MTL, MIN et NC), pour les périodes 1981–2010 (en bleu) et 2071–2100 (en gris). La fréquence correspond au nombre de jours de gel‑dégel sur 420 années-modèles moyennées à l’échelle régionale (adapté de Journal of Applied Meteorology and Climatology 64, 10; 10.1175/JAMC-D-24-0190.1 Fig. 4).
Si nos hivers tendent à se transformer, cette saison demeure naturellement variable, et peut être très différente d’une année à l’autre. Il existera toujours des hivers plus froids que la normale en vigueur. Cependant, les futurs hivers, printemps et automnes tendront à être de plus en plus chaud ce qui contribuera à ce décalage saisonnier.
Bien qu’un décalage saisonnier soit attendu, le nombre total annuel de jours avec gel dégel devrait rester stable ou légèrement diminuer selon les régions et les horizons futurs.
Dans les régions plus au nord, le nombre total annuel de jours de gel dégel tend à diminuer très légèrement, alors que dans les régions plus densément habitées, au sud de la province, le nombre total annuel de jours de gel dégel demeurera stable dans le futur. C’est donc un aléa avec lequel il faudra continuer de composer dans le futur.

Figure 2 : Anomalie du nombre de jour avec gel dégel d’ici à la moitié du siècle (horizon 2041-2070 à gauche) et d’ici à la fin du siècle (horizon 2071-2100 à droite), par rapport à la période historique 1991-2020, selon un scénario d’émissions de GES élevé (SSP3-7.0), Plateforme Portraits climatiques, 2026
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