Agriculture

Au Québec, différentes solutions d’adaptation sont disponibles pour prévenir les impacts des changements climatiques sur la production agricole. Celles-ci incluent des changements de pratiques, des technologies, des outils d’aide à la décision, des formations et de la sensibilisation ainsi que des leviers institutionnels. 

 

 
Exemples de changements de pratiques et technologies

Modifier certaines pratiques agricoles devient nécessaire pour s’adapter aux conditions climatiques changeantes. Choisir des variétés plus résistantes aux aléas climatiques ou mieux adaptées aux nouvelles normales de températures ou encore ajuster les calendriers de semis et de récoltes sont des exemples de mesures d’adaptation. Il est également possible de modifier les pratiques d’irrigation des cultures. Les systèmes de goutte-à-goutte, par exemple, permettent de réduire la quantité d’eau nécessaire. 

Les cultures de couverture peuvent également constituer une mesure d’adaptation. Elles permettent de protéger le sol contre les effets de l’érosion et du lessivage des éléments nutritifs après la récolte de la culture principale. Elles contribuent également à maintenir en activité les microorganismes et à reconstituer la matière organique des sols, ou encore à améliorer l’infiltration des excès d’eau et à augmenter la rétention de l’eau dans le sol pendant des épisodes de sécheresse. 

Qu’est-ce qu’une culture de couverture?

La culture de couverture fait référence à toute plante ou mélange de plantes semé après ou pendant la culture principale, qui ne sera pas récolté ou détruit à l’automne. Cette pratique a pour effet de couvrir le sol durant la saison hivernale. Par exemple, les légumineuses ou les radis sont souvent mélangés avec des espèces de graminées.

Pour réduire les impacts négatifs des ennemis des cultures sur la production agricole, les principes de lutte intégrée peuvent devenir une solution d’adaptation intéressante à appliquer. Ainsi, sans se limiter à l’utilisation des pesticides, il est possible de : 

  • Sélectionner des variétés plus résistantes

  • Favoriser la présence d’ennemis naturels aux ennemis des cultures, aussi appelés « espèces bénéfiques »

  • Assurer une surveillance des ennemis des cultures dans ses champs 

  • Diversifier ses cultures

Le stress occasionné par la chaleur chez les animaux d’élevage peut être limité par une nutrition adéquate et une réduction de la densité d’animaux. Mieux contrôler la température à l'intérieur des bâtiments, par exemple par l’installation de systèmes de ventilation, est également une bonne pratique. La plantation d’arbres ou l’installation d’abris et d’abreuvoirs sera nécessaire pour les élevages en plein air.

Dans les dernières années, plusieurs laboratoires vivants se sont développés au Québec (ex. Racines d‘avenir, Lait carboneutre, Bovins pour le climat) dans le cadre du programme Solutions agricoles pour le climat d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC).

Face aux enjeux agroenvironnementaux, ces laboratoires offrent un espace d’expérimentation en conditions réelles où producteurs agricoles, chercheurs et autres intervenants pertinents élaborent et testent de nouvelles pratiques agricoles. Ils favorisent ainsi l’innovation, l’apprentissage collectif et l’adoption de solutions concrètes pour renforcer la résilience des systèmes agricoles.

Tous les Laboratoires vivants cités plus haut visent le développement et l’adoption de pratiques permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) ou de séquestrer du carbone. Le laboratoire Racines d’avenir comporte également un volet adaptation aux changements climatiques. 

La production locale et diversifiée est également une mesure d’adaptation à considérer. En ce sens, plusieurs initiatives locales ont vu le jour, par exemple la pratique de l’agriculture urbaine en jardins individuels, collectifs ou communautaires. Celle-ci peut générer plusieurs avantages en contribuant au bien-être de la population, en augmentant la cohésion sociale ou en assurant une biodiversité urbaine.  L’agriculture soutenue par la communauté (ASC), qui prend souvent la forme de paniers de légumes biologiques livrés chaque semaine, favorise également une production locale et diminue la dépendance aux importations.

 

Projet de recherche | SAT-ADAPT : Une initiative de formation et leadership des SAT dans l’adaptation aux changements climatiques

En mettant l’accent sur la cocréation d’outils facilitant la formation et le leadership des SAT, ce projet vise à combler le manque de connaissances et de ressources nécessaires pour l'adaptation des systèmes alimentaires territoriaux (SAT) au Québec.

 
Exemples d’outils d’aide à la décision

Outre les changements de pratiques et les technologies, différents outils existent pour soutenir la prise de décision quant aux solutions à mettre en place pour augmenter la résilience du secteur agricole. Ces outils incluent : 

Portraits climatiques est une plateforme de données climatiques qui offre une information spatialisée sur le territoire québécois. Elle permet de visualiser et d’analyser les tendances du climat passé, actuel et futur pour plusieurs indicateurs climatiques. 
 

L'Atlas Hydroclimatique du Québec est un outil cartographique qui présente le régime hydrique des rivières du Québec méridional, en climat actuel et futur.

Estim’eau est un outil qui aide les entreprises agricoles à estimer gratuitement le besoin en eau de surface de leur ferme. Des estimations sur les eaux souterraines sont également disponibles pour certaines régions. 

SAgE pesticides est un outil qui vise à promouvoir une gestion rationnelle et sécuritaire des pesticides au Québec.

Le Réseau d’avertissement phytosanitaires (RAP) vise à surveiller les ennemis des cultures du territoire agricole. Il informe les producteurs et les autres intervenants de l'agroalimentaire québécois de la présence et de l'évolution des ennemis des cultures dans leur région et promeut des stratégies d’intervention pour y faire face.

Agriclimat | Des fermes adaptées pour le futur

Agriclimat est une initiative portée par les productrices et producteurs agricoles du Québec pour mieux comprendre les effets des changements climatiques sur l’agriculture et trouver des solutions concrètes pour s’y adapter. Cette initiative, pilotée par le Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec, s’appuie sur la collaboration avec un vaste réseau de partenaires.

L’initiative comprend, notamment :

  • Un outil de diagnostic de lutte contre les changements climatiques, auquel a collaboré un réseau de fermes pilotes réparties dans différentes régions du Québec : Cet outil est réalisé à l’échelle de la ferme par des conseillers formés. Il permet d’évaluer la vulnérabilité de l’exploitation aux risques climatiques et de dresser un bilan carbone qui prend en compte à la fois les émissions de gaz à effet de serre et la capacité de séquestration des sols et des haies. Les producteurs peuvent alors cibler les actions qu’ils souhaitent mettre en place sur leurs fermes pour favoriser l’adaptation aux changements climatiques et l’amélioration de leur bilan carbone.

  • Des plans d’adaptation régionaux de l’agriculture:  ont été développés pour 12 régions du Québec. Ils présentent les impacts des changements climatiques sur les productions disponibles dans chaque région et proposent des mesures d’adaptation à l’échelle des entreprises agricoles et des régions.

Découvrez Agriclimat

Projet de recherche | Le transfert des connaissances en changements climatiques et ses retombées : une étude de cas du projet Agriclimat

Ce projet vise à étudier les méthodes de transfert de connaissances mises en place par Agriclimat pour en analyser les retombées. Les stratégies seront valorisées pour améliorer d’autres instances de transfert de connaissances en adaptation au Québec.  

 

Exemples de formation et de sensibilisation

Différentes initiatives de formation et de sensibilisation pour le secteur agricole ont vu le jour ces dernières années au Québec. Elles facilitent le partage de connaissances et de solutions concrètes pour s’adapter durablement. 

Parmi ces initiatives, Agriclimat a développé plusieurs outils visant à sensibiliser et outiller les producteurs, mais aussi à renforcer les compétences des conseillers agricoles qui les accompagnent. Ces ressources incluent notamment des fiches de sensibilisation sur les changements climatiques par type de production, des webinaires et différentes formations en ligne. Elles permettent d’en apprendre davantage sur les enjeux, les défis et les actions possibles à réaliser dans une perspective d’adaptation et de réduction des émissions de GES pour le secteur agricole. 

Plusieurs formations en ligne sont également disponibles sur la plateforme de formation continue de l’ordre des agronomes du Québec. Elles concernent l’adaptation et la réduction des émissions de GES  pour différents types de productions agricoles, notamment sur la production fourragère, la production porcine et la production bovine.

 

 

Exemples de leviers institutionnels

Les organisations gouvernementales peuvent renforcer la capacité d’adaptation des différents acteurs du secteur agricole. Cela en soutenant des activités de recherche et développement, en diffusant des informations ou en mettant en place des conditions (politiques publiques, lois et règlements, programmes de soutien, modes de gestion et de gouvernance, etc.) pour appuyer l'adaptation aux changements climatiques.  Parmi ces leviers institutionnels, on retrouve notamment : 

Ce plan finance, entre autres, différentes initiatives de recherche et développement pour une agriculture durable et résiliente aux changements climatiques au Québec. 

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Ce plan vient appuyer les engagements climatiques et de développement durable du gouvernement du Québec. Il offre aux entreprises agricoles un ensemble de possibilités pour accélérer l’adoption de meilleures pratiques agroenvironnementales d’ici 2030. Ce plan permet aussi de reconnaître et de mettre en valeur les efforts de celles et de ceux qui sont déjà engagés dans le virage agroenvironnemental par un programme de rétribution. 

Le programme Prime-Vert contribue à accroître l’adaptation de pratiques agroenvironnementales pour améliorer la performance environnementale du milieu agricole. Il vise notamment à appuyer l’investissement dans les entreprises, à renforcer l’implantation de pratiques d’affaires responsables, à améliorer la qualité de l’environnement et à protéger la santé humaine. Il appuie ainsi la mise en œuvre d’interventions prioritaires en agroenvironnement, tout en valorisant une approche collaborative entre les producteurs.

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Ce programme a pour objectif de soutenir les entreprises agricoles et agroalimentaires dans leur capacité à s’adapter aux réalités de leur environnement d’affaires, tout en favorisant la production d’aliments sains, la protection de l’environnement ainsi que la santé et le bien-être des animaux.

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La financière agricole offre un programme d’assurance récolte (ASREC). Il protège les producteurs contre les pertes causées par les conditions climatiques et les phénomènes naturels incontrôlables, grâce à des protections individuelles et collectives. L’ASREC vise ainsi à réduire les pertes financières et à maintenir la stabilité économique et financière des entreprises agricoles.

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Ce programme, structuré en plusieurs volets, vise à développer et à déployer des pratiques agricoles adaptées pour faire face aux changements climatiques. Par la recherche, l’évaluation, l’adoption et le suivi de technologies et de pratiques innovantes, il contribue à la séquestration du carbone, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la création de bénéfices environnementaux. Il a notamment permis de financer les laboratoires vivants Racines d’avenir et Lait carboneutre.

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Pour renforcer la résilience des maillons de la transformation et de la distribution du secteur bioalimentaire face aux changements climatiques, plusieurs solutions d’adaptation sont envisageables.

Face aux enjeux en matière de disponibilité, de qualité et de prix des matières premières et produits alimentaires, voici quelques exemples de solutions possibles :

  • La diversification des sources d’approvisionnement et des partenaires

  • La mise en place d’une gestion centralisée du système d'approvisionnement de la matière première par filière

  • L’élaboration de recettes ou de procédés de transformation alternatifs

Pour les risques reliés aux évènements extrêmes, il est notamment possible de :

  • Identifier des routes et des circuits logistiques alternatifs

  • Optimiser l’utilisation de la ressource en eau ou avoir une réserve d’eau

  • Prévoir des génératrices

  • Sensibiliser les travailleurs aux risques et adapter les horaires de travail

Développer les connaissances sur les impacts des changements climatiques et sur les solutions d’adaptation pour les secteurs de la transformation et de la distribution alimentaires, incluant leurs dimensions économiques, est essentiel. Ces connaissances constituent un levier central pour renforcer la sensibilisation et la formation des acteurs de ces deux maillons critiques de la chaîne d’approvisionnement, afin qu’ils intègrent pleinement ces enjeux dans leurs analyses de risques. En adoptant cette approche, les entreprises pourront passer d’une posture réactive à une démarche préventive dans la mise en œuvre de solutions d’adaptation.

Il importe de sensibiliser les consommateurs, qui pourraient être amenés à modifier leurs habitudes de consommation. Dans un contexte d’adaptation, il importe finalement de l renforcer les liens et le dialogue entre les différents maillons de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, et d’assurer l’appui des gouvernements.

 

 

Dernière mise à jour de la page : janvier 2026.

 

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