Réseau international des organismes frontières en adaptation
Contexte
« La mise en œuvre des mesures d’adaptation progresse, mais des lacunes subsistent » — Rapport 2025 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière d'adaptation aux changements climatiques du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) .
Même si les engagements en matière de réduction des émissions de carbone pour 2050 sont respectés, le climat évolue et continuera d’évoluer au cours des prochaines décennies. L’adaptation est donc impérative.
Malgré certains progrès, les efforts d’adaptation au changement climatique restent fragmentés, marginaux, sectoriels et varient d’une région à l’autre.
Un fossé subsiste entre les experts scientifiques et techniques et les responsables de l’élaboration des plans, des politiques et des programmes d’adaptation.
Selon Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, nous avons désormais franchi le cap de la mise en œuvre, ce qui appelle une action concrète. Or, cette action ne peut se concevoir sans données fiables, sans éléments factuels pour éclairer les décisions, ni sans les bases scientifiques indispensables à l’élaboration des programmes et des politiques publiques.
Les organismes frontières peuvent contribuer à combler ce déficit d'adaptation.
Qu’est-ce qu’un organisme frontière ?
« Les organisations qui facilitent de manière spécifique et active les échanges entre la production et l’utilisation des connaissances afin de favoriser une prise de décision fondée sur des données probantes dans un contexte donné. » — Bednarek et al., 2018

Définition
Le terme « organisme frontière » a été introduit il y a plus de vingt ans pour décrire les initiatives organisationnelles visant à assurer la médiation entre la science et la politique. Bien que ce concept et son champ d’application plus large fassent encore l’objet d’un débat, ce terme est souvent utilisé dans les études consacrées au transfert de connaissances et aux interactions entre science et politique.
Il est largement employé dans le domaine de l’environnement pour décrire une collaboration favorisant la compréhension mutuelle et des efforts conjoints durables entre ceux qui évoluent dans les univers très différents de la science et de la prise de décision.
Il a été créé au sein du système des Nations Unies afin de fournir aux gouvernements, à tous les niveaux, des informations scientifiques leur permettant d’élaborer des politiques climatiques.
S’appuyant sur les contributions de milliers d’experts, il coordonne la rédaction de rapports d’évaluation scientifique portant sur les causes, les impacts et les risques futurs du changement climatique, ainsi que sur la manière dont l’adaptation et l’atténuation peuvent réduire ces risques.
Les organismes frontières mènent des activités très variées.
Nous aimerions en discuter avec vous, quelle que soit la structure de votre organisation !
Le rôle des organismes frontières
« Les obstacles à l’articulation entre connaissances et action se traduisent par des problèmes classiques : les décideurs ne reçoivent pas les informations dont ils ont besoin et les scientifiques produisent des informations qui ne sont pas utilisées. » — Cash et al., 2002.
Les organismes frontières actifs dans le domaine de l’adaptation s’attachent à faire le lien entre la science des impacts du changement climatique et des vulnérabilités, d’une part, et l’élaboration d’options, de politiques et de pratiques, d’autre part.
En fournissant des informations sur mesure et des outils d’aide à la décision, elles contribuent à garantir que les décideurs aient accès aux connaissances scientifiques dont ils ont besoin, favorisant ainsi un changement à long terme au sein des écosystèmes décisionnels.
Elles fonctionnent souvent comme des réseaux et des dispositifs sociaux qui relient les acteurs scientifiques et décisionnels, favorisant les relations à long terme, la coordination, la cohérence entre les initiatives et une collaboration durable.
La structure et les compétences des organismes frontières leur permettent d’entretenir des relations à long terme avec les parties prenantes, d’instaurer la confiance et de maintenir leurs capacités au fil du temps. Un travail de frontière réussi implique généralement :
- D’opérer à plusieurs échelles et de s’engager dans des systèmes de gouvernance à plusieurs niveaux
- De reconnaître les processus de changement en cours et de s’y engager activement
- De comprendre le contexte spécifique, ce qui est essentiel à la réussite
En remplissant ces fonctions, les organismes frontières comblent le fossé entre la théorie et la pratique.
Elles favorisent une planification et une mise en œuvre plus efficaces de l’adaptation.
Les organismes frontières :
- Favorisent une compréhension commune entre scientifiques et décideurs ;
- Jouent un rôle de coordination qui renforce la confiance entre les parties prenantes et permet l’élaboration de programmes intégrés :
- Assurent la transmission des connaissances entre les acteurs scientifiques et ceux chargés de l’adaptation, en facilitant les échanges dans les deux sens:
- Développent conjointement des outils et des produits de connaissance.
Exemples du travail des organismes frontières
Faciliter la discussion entre, d’une part, ceux qui conçoivent, organisent et utilisent l’information et, d’autre part, ceux qui produisent des connaissances scientifiques ou techniques, comme les chercheurs institutionnels ou les experts en évaluation des vulnérabilités.
Utiliser des modèles climatiques prédictifs et produire des analyses pour éclairer la planification de l’adaptation.
Former les décideurs pour qu’ils comprennent mieux les possibilités et compromis d’adaptation OU former les scientifiques et les experts techniques pour qu’ils comprennent mieux les besoins des décideurs en matière d’adaptation.
Créer et partager des ensembles de données climatiques et des outils d’analyse, des cadres d’orientation et d’autres ressources à l’intention des décideurs.
Mener ou commander des travaux de recherche appliquée répondant directement aux besoins des décideurs en matière d’adaptation.