Comprendre la science de l'adaptation
Comment bien planifier l'adaptation
La démarche d’adaptation est un processus continu et itératif qui doit tenir compte de l’évolution des connaissances et des apprentissages. Cette démarche a pour objectif de réduire les risques liés aux changements climatiques auxquels un système est confronté qui permet d’atteindre ou de maintenir sa résilience climatique. Ainsi, une démarche d’adaptation mène à la mise en place de mesures d’adaptation priorisées selon les systèmes les plus à risques et à la mise en place des indicateurs d’évaluation et de suivi de ces mesures.
Définition | Système
Un système est un ensemble d’éléments considérés dans leurs relations à l’intérieur d’un tout fonctionnant de manière unitaire. Les différents éléments qui le constituent sont appelés des composantes du système.
Systèmes | Composantes |
Réseau routier | Voies de circulation |
Ponts, ponceaux, tunnels | |
Bâtiments | Fondations |
Enveloppe extérieure | |
Toiture | |
Population | Résidents |
Travailleurs municipaux |
Tableau 1 : exemples de systèmes et de composantes associées.
La démarche d’adaptation vise une compréhension globale et intégrée des enjeux, car ceux-ci sont multiples et peuvent aussi être reliés les uns aux autres. C’est donc une approche transversale et structurée qui permet de soutenir tous les secteurs touchés. Elle permet aussi d’optimiser les ressources financières, matérielles et humaines, déployées.
Étapes de la démarche d'adaptation
La démarche d’adaptation se décline en plusieurs étapes qui peuvent se présenter de différentes façons. Celle présentée ci-dessous comporte cinq grandes étapes, précédées par des conditions de succès essentielles pour assurer la réussite de la démarche.
Cette démarche se base sur le guide Élaborer un plan d'adaptation aux changements climatiques - Guide pour les organismes municipaux.
Les conditions de succès
Pour qu’une démarche d’adaptation soit réussie, il faut que :
La gouvernance de la démarche permette aux organismes de s’adapter de façon proactive en assumant plusieurs rôles dans l’adaptation aux changements climatiques;
L’arrimage de la démarche d’adaptation avec les autres démarches pertinentes soit fait, par souci de cohérence et d’efficience;
L’intégration du principe d’équité soit prise en compte dans la démarche d’adaptation et être appliquée tout au long du processus;
L’engagement des acteurs favorise l’intégration d’une diversité d’enjeux transversaux tout au long de la démarche;
La disponibilité des ressources financières, humaines et matérielles influence le pouvoir d’agir en faveur de l’adaptation.
L’étape 1 vise à déterminer les acteurs responsables de diriger la démarche d’adaptation qui mènera à l’élaboration du plan d’adaptation. Lors de cette étape, des experts de soutien seront identifiés.
L’étape 2 est primordiale, car elle définit les objectifs du plan, la portée de la démarche et le portrait du territoire ou de l’organisme. Ceci inclut les systèmes, les aléas et les impacts à prendre en compte dans les diverses analyses, les données climatiques et les échelles d’analyse des risques.
L’étape 3 permet de connaître les risques climatiques actuels et futurs et de les hiérarchiser pour prioriser l’instauration de mesures d’adaptation.
L’étape 4 vise à identifier les mesures d’adaptation qui permettront de gérer les risques à partir de la liste hiérarchisée issue de l’étape 3. Lors de cette étape, il faudra définir un calendrier pour l’instauration des mesures, les ressources requises et les indicateurs de suivi. Enfin, les mesures et les indicateurs de suivis devront être mis en oeuvre.
L’étape 5 consiste à produire et à diffuser le plan d’adaptation, et à faire le suivi et l’évaluation des mesures pour évaluer leur efficacité. Une fois le suivi complété pour cette première itération de la démarche d’adaptation, un ajustement des mesures et de la démarche sont effectués en fonction des résultats.

Figure 1: Les étapes de la démarche d'adaptation
Éviter la maladaptation
La maladaptation peut survenir lorsque des mesures d’adaptation aggravent les impacts des aléas climatiques plutôt que de les diminuer. Par exemple, pour s’adapter aux aléas côtiers croissants, la mise en place d’un enrochement ou d’un mur de protection sur un terrain côtier peut, dans certains cas, accentuer l’érosion sur les terrains adjacents. Ainsi, si le terrain sur lequel l’enrochement a été installé est protégé, ce n’est pas le cas du terrain voisin qui voit sa vulnérabilité augmenter.
Pour éviter la maladaptation, certains facteurs peuvent être pris en considération lors du choix d’une mesure d’adaptation.
Considérer une échelle spatiale plus large que celle du système à protéger pour vérifier qu’aucun voisin n’en subirait des contrecoups.
Considérer une échelle temporelle plus longue pour vérifier que la mesure ne devienne pas négative à long terme.
Évaluer les enjeux climatiques de manière transversale. En raison de l’interdépendance des systèmes humains, écologiques, socioéconomiques et bâtis, un aléa climatique affecte généralement plusieurs secteurs de la société. Un secteur affecté peut à son tour en perturber un autre, et ainsi de suite. Les impacts se propagent alors selon ce qu’on nomme des chaines d’impacts.

Lorsque les vagues frappent un mur ou un enrochement, leur énergie est réorientée aux extrémités de l'ouvrage, ce qui peut accélérer l'érosion des rives voisines. C'est ce que l'on nomme l'effet de bout. Source : Ministère de la sécurité publique du Québec
Le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs s’est allié à Ouranos pour produire le guide Élaborer un plan d’adaptation aux changements climatiques.
Le guide vise à faciliter le développement du volet « adaptation » des plans climat des municipalités du Québec.
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Dernière mise à jour de la page : février 2026.