Santé
Sur cette page, retrouvez de l'information à propos des impacts des changements climatiques sur : la santé (impacts sur la santé physique ; impacts sur la santé psychologique) ; les services de santé (impacts directs sur les services de santé ; impacts économiques de la chaleur)
Les changements climatiques affectent la santé
Quiconque est confronté aux événements climatiques peut subir, de manière directe ou indirecte, des impacts sur sa santé physique et mentale. Les dommages peuvent être variables selon les déterminants de la santé d’un individu. Ils peuvent s’avérer d’autant plus importants si son milieu de vie, son état de santé ou sa situation socio-économique sont déjà fragiles.
Impacts sur la santé physique
Les changements climatiques peuvent avoir de nombreux effets sur la santé physique. Il peut s’agir d’impacts physiques directs ou indirects, de maladies transmissibles par les insectes aux humains ou encore d’une amplification des inégalités sociales de santé.
Les changements climatiques pourraient notamment entraîner des dommages corporels résultant d’une chaîne d’impacts.
La hausse des températures (impact direct des changements climatiques) peut contribuer, par exemple, aux sécheresses estivales (conséquence directe de l'impact). Celles-ci peuvent fragiliser les forêts, les rendant plus vulnérables à la propagation des feux.
Lorsque des incendies de végétation se produisent à proximité de collectivités, les impacts tant sur la santé des populations que sur l’intégrité des infrastructures peuvent se multiplier. Ce fut notamment le cas de Jasper (Alberta) en 2024, lorsqu’un tiers des infrastructures de la ville fut dévasté par les flammes. Lors d’un évènement de cette nature, les bâtiments, les infrastructures et les arbres endommagés peuvent se briser et provoquer des chutes d’objets ou de débris, à l’origine de potentielles blessures physiques.
La fumée des feux de forêt peut également se propager sur de grandes distances et affecter la santé des populations parfois très éloignées du lieu d’origine de l’incendie. Ce fut le cas notamment à l’été 2023, où la fumée des feux qui sévissaient au Québec a été ressentie jusqu’aux Nord-Est des États-Unis. La fumée des feux de forêt des prairies canadiennes à l’été 2025 s’est quant à elle propagée encore plus loin, jusqu’aux portes de l’Europe.
D’autres aléas appelés à s’aggraver avec les changements climatiques peuvent aussi détériorer le milieu de vie et provoquer de nombreuses destructions. Les inondations, les glissements de terrain ou encore les forts vents peuvent ainsi être indirectement responsables de blessures corporelles.
Un événement climatique peut aussi provoquer des dommages corporels si l’individu est directement blessé par ce dernier. Par exemple, lors d’événements de gel-dégel ou de pluie verglaçante, la chaussée peut être recouverte de glace et entraîner des chutes et des blessures.
L’événement climatique peut également affecter le système interne d'un individu. En ce sens, son corps peut activer des mécanismes physiologiques pour se protéger et ainsi créer un effet de cascade de symptômes non désirés.
Ceci peut se produire, par exemple, lors des périodes de canicule qui peuvent provoquer des coups de chaleur, des étourdissements, la déshydratation, une fatigue physique à l’effort, voire une augmentation de la fréquence cardiaque pouvant aller jusqu’à l’arrêt cardiovasculaire.
Au Canada comme ailleurs dans le monde, les recherches scientifiques s’accordent unanimement pour reconnaître la chaleur extrême comme l’aléa ayant le plus grand impact sur la santé humaine. La majorité de ces effets résultent de mécanismes complexes pouvant toucher presque tous les organes et systèmes du corps humain.
Un exemple récent d’événement lié à la chaleur extrême au Canada est celui de juin 2021, où la Colombie-Britannique a subi une vague de chaleur sans précédent. La température dans la ville de Lytton a alors atteint 49,6°C, soit la plus chaude jamais enregistrée au Canada. 619 personnes sont décédées, ce qui en a fait l’événement climatique le plus mortel au pays.
Le milieu de travail peut aussi jouer un rôle d’amplificateur de la chaleur. C'est particulièrement vrai si les surfaces minérales (asphaltées, bétonnées et goudronnées) environnantes sont nombreuses et de couleurs foncées, car elles absorbent la chaleur durant le jour pour la rediffuser la nuit tombée. Ainsi, les travailleurs extérieurs sont très exposés aux coups de chaleur et encore davantage lorsque leurs activités se pratiquent près de ce type de surfaces.
Les travailleurs intérieurs en milieu difficile, comme les cuisines ou les buanderies, sont eux aussi exposés à ce risque que sont les coups de chaleur. En effet, les accidents de travail sont en hausse lors des périodes de grande chaleur, et ce, notamment chez les jeunes travailleurs. D’ailleurs, l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail a mis sur pied différents outils pour prévenir les coups de chaleur en milieu de travail, dont notamment une application web.
Webinaire | Chaleur extrême aux Québec : fardeau sanitaire et économique, actuel et futur
Webinaire | Analyse des actions municipales prises pour lutter contre les effets des vagues de chaleur sur les personnes vulnérables
Projet de recherche | Changements climatiques et vulnérabilités à la chaleur des travailleurs canadiens
Ce projet porte sur la relation entre la température estivale et la santé des travailleurs et travailleuses de cinq provinces canadiennes. Elle a permis de générer des connaissances inédites pouvant orienter les décideurs et les parties prenantes de la prévention.
Projet de recherche | Atlas interactif de la vulnérabilité de la population québécoise aux aléas climatiques à l’intention des acteurs locaux et régionaux
Les gestionnaires, professionnels et aménagistes des municipalités du Québec disposent d’un nouvel outil d’évaluation et de cartographie des vulnérabilités de la population québécoise aux vagues de chaleur et aux aléas hydrométéorologiques adapté à leurs besoins.
Certains événements climatiques peuvent aussi exacerber les maladies respiratoires chroniques (ex., asthme). C’est le cas notamment du réchauffement des températures moyennes qui cause de l’augmentation des concentrations des particules fines et de l’ozone dans l’air, mais aussi des feux de forêt, par les fumées.
Le réchauffement des températures moyennes cause également l’arrivée plus hâtive du printemps et plus tardive de l’automne au Québec. Les plantes allergènes comme l’herbe à poux ont la possibilité de croître plus longtemps, ce qui augmente la production de pollen et allonge la saison des allergies.
Les tempêtes estivales, particulièrement les événements de pluie combinée à des vents forts, déclenchent la production et la libération d’allergènes dans l’air. Cela facilite le détachement et la dispersion des pollens et augmente les symptômes allergiques (sécrétions nasales et irritation des yeux).
Projets de recherche | Développement, implantation et évaluation d’une intervention pour le contrôle du pollen de l’herbe à poux
Le projet a permis d’accroître la sensibilisation concernant les risques de santé reliés à l’herbe à poux. Il a également permis de démontrer l’efficacité d’une intervention (comme l’envoi d’information aux propriétaires de terrains infestés) pour limiter les impacts durant la saison de pollinisation.

Figure 1: Effets sur la santé en raison de la réduction de la qualité de l’air (source : Berry, P., et Schnitter, R. (éd.). (2022). La santé des Canadiens et des Canadiennes dans un climat en changement : faire progresser nos connaissances pour agir. Ottawa (Ontario) : gouvernement du Canada.
Figure 2 : Impacts des changements climatiques sur la qualité et la quantité d’eau et répercussions sur la santé (Source: Berry, P., et Schnitter, R. (éd.). (2022). La santé des Canadiens et des Canadiennes dans un climat en changement : faire progresser nos connaissances pour agir. Ottawa (Ontario) : gouvernement du Canada.)
Les changements climatiques sont aussi responsables de la dégradation de la qualité de l’eau ce qui, dans certains contextes, peut affecter la santé physique des individus.
La présence de certaines bactéries dans l’eau, comme le Campylobacter ou l’Escherichia coli, est favorisée par les températures plus chaudes et des débits d’étiages plus bas. Il peut alors devenir dangereux de pratiquer certaines activités nautiques ainsi que la baignade. Ces bactéries peuvent provoquer des diarrhées ou une déshydratation, voire représenter un risque mortel dans les cas les plus graves.
Projet de recherche | Modélisation de scénarios futurs de température de l’eau en milieu côtier et implications sur les infections potentielles par vibrio parahaemolyticus et vibrio vulnificus
Ce projet démontre que le secteur de la culture de coquillages (moules, huîtres, etc.) dans le golfe du Saint-Laurent est sensible au réchauffement des températures de l’eau, augmentant potentiellement les risques de contamination humaine à la bactérie Vibrio.
Zoonoses, ces maladies transmises par les insectes aux humains
Les étés et les hivers plus chauds au Québec sont de plus en plus favorables à la propagation d’espèces nuisibles qui migrent vers le nord. Parmi elles, plusieurs sont susceptibles de transporter des maladies.
Les zoonoses sont des maladies ou infections causées par des virus, des bactéries ou des parasites qui se transmettent naturellement entre les animaux et les humains. Certaines de ces maladies sont bien connues au Québec, bien que des nuances pertinentes sont toutefois à souligner
On peut penser par exemple au virus du Nil occidental, transmis par les moustiques, qui, contrairement à la croyance populaire, a plus de risques de contagion dans les grandes villes que dans les milieux sauvages, en raison de la concentration humaine.
La prévention et le contrôle de ces maladies zoonotiques passent notamment par la surveillance, la gestion du risque et l’identification des interventions de santé publique les plus porteuses.
À cet effet, des cartes sont maintenant disponibles pour visionner les zones endémiques ou la répartition de certaines espèces, en lien avec les changements climatiques. C’est le cas notamment pour la maladie de Lyme et son principal vecteur, soit la tique à pattes noires.
L’INSPQ, en collaboration avec Ouranos, a produit de nouvelles cartes montrant que la majorité du territoire habité du Québec pourrait offrir des conditions favorables à l’installation des tiques d’ici 2080.Pour les populations, cette perspective signifie une augmentation du risque de piqûre et de contraction de la maladie.

Figure 1 : Carte de répartition actuelle des populations de tiques ixodes scapularis au Québec. https://www.inspq.qc.ca/zoonoses/cartes/tiques

Figure 2 : Outil pour la classification des cas déclarés de maladie de Lyme et l'identification des secteurs visés par la PPE. https://www.inspq.qc.ca/zoonoses/maladie-de-lyme
Zoonoses et maladies émergentes
Pour en savoir plus sur les zoonoses et maladies émergentes, consultez la page de l’Institut national de santé publique du Québec
Projet de recherche | PARCS en Santé : Mitiger les impacts des changements climatiques sur la santé humaine et des écosystèmes dans les parcs nature périurbains par la science citoyenne
L’objectif de ce projet est d’analyser comment la science citoyenne peut favoriser l’adaptation aux changements climatiques. En intégrant les perceptions et les comportements des citoyen·ne·s face à la conservation des écosystèmes et aux risques de maladies transmises par les tiques, et en agissant sur ceux-ci.
Impacts sur la santé psychologique
Outre les effets sur la santé physique, les aléas climatiques peuvent également engendrer des dommages sur la santé mentale de l’individu.
Ces effets peuvent être liés à la charge émotive qui augmente au moment de l’événement ou par le développement d’un choc post-traumatique. Ils peuvent notamment aggraver certains troubles mentaux existants ou en générer de nouveaux, et même perturber le bien-être psychosocial et la résilience.
Autant de facteurs risquant d’engendrer des taux plus élevés d’hospitalisation, une augmentation des idées suicidaires ou encore des comportements nocifs tels que l’abus de substances.
Bien que quiconque puisse être affecté par des problématiques de santé mentale, certaines populations sont plus à risque. Les personnes souffrant d’anxiété, en situation d’itinérance ou ayant déjà subi des événements climatiques extrêmes par le passé, figurent parmi celles-ci.
Certaines populations sont plus souvent exposées à de tels événements. C’est le cas, par exemple, de certaines communautés autochtones vivant à proximité de zones forestières davantage exposées aux feux de forêt.
Ces communautés, exposées régulièrement à des évacuations en raison de la situation géographique de leurs collectivités, ont également fait état de grand stress en raison du retrait de leur structure sociale et de leur exposition à la relocalisation.
En effet, lors de l’altération ou de la destruction d’un milieu, un sentiment de détresse psychologique peut être ressenti face au changement de l’environnement, qui se traduit par une diminution du sentiment d’appartenance au territoire ou du réconfort qu’il apporte.
Des événements d’ampleur comme les feux de forêt ou les inondations entraînent évidemment des conséquences sur les sinistrés, mais également sur les travailleurs de première ligne impliqués. Personnel policier, membres du service de sécurité incendie, personnel de la santé et des services sociaux, cols bleus (ex. : voirie et travaux publics) sont tous impliqués dans différentes phases de l’événement pour venir en aide à la population.
Ainsi, ils sont également exposés à des niveaux élevés de stress physique et psychologique, ce qui peut entraîner des problèmes de santé mentale comme le trouble de stress post-traumatique.
En 2020, deux auteurs de la communauté scientifique ont créé une échelle d’anxiété liée au changement climatique (Outil non accessible librement, seuls les membres de la communauté universitaire peuvent y accéder).
Néanmoins, cet outil innovant et validé par des pairs, vise à identifier des niveaux significatifs d’anxiété, et peut être utilisé pour suivre les changements de réaction de la population dans ce contexte. Cela contribue à renforcer les actions de plaidoyer pour un meilleur soutien et des services en santé mentale, pendant et après les catastrophes climatiques. À la suite d’un événement extrême, certaines situations peuvent également être vécues difficilement, voire s’avérer anxiogène, pour les individus touchés. Ces situations incluent, par exemple, la perte de personnes chères, la gestion de la réparation des dommages, la reconstruction des biens personnels ou d’un logement.
Les conséquences psychologiques d’un événement climatique peuvent persister pendant plusieurs mois, ou même plusieurs années, et toucher des individus ainsi que des familles entières. Au Québec, 6 mois après les inondations majeures de 2019, des personnes sinistrées montraient une anxiété anticipée quant aux potentiels événements climatiques à venir, et de ce fait, adoptaient des comportements d’hypervigilance.
Enfin, les impacts continus, fréquents, violents et de plus en plus visibles des changements climatiques engendrent un sentiment d’écoanxiété. Bien que la crainte qui habite les individus sur le sort de la planète entraîne des répercussions parfois négatives, cela peut également être perçu comme une prise de conscience des enjeux environnementaux et peut même devenir un moteur pour l’action collective. Dans ce contexte, l’écoanxiété n’est pas une maladie à guérir, mais une réaction compréhensible face à la crise climatique.
Les facteurs d’iniquité en santé peuvent compromettre la capacité des individus à faire les bons choix pour se soigner ou pour se protéger d’un événement climatique extrême. Par exemple, une personne avec un faible revenu n’aurait pas la capacité financière pour adapter son logement aux fortes chaleurs si celui-ci est mal isolé et mal ventilé.
En période de canicule, la chaleur accumulée à l’intérieur du logement pourrait provoquer une dégradation de l'état physique de l’individu pouvant aller jusqu’à son hospitalisation.
Le phénomène d’éco-embourgeoisement est un autre exemple d’iniquité : souvent, les quartiers les plus verts sont aussi les plus dispendieux. Or, bien que le verdissement soit une des mesures bénéfiques de l’adaptation aux changements climatiques, s’il n’est pas bien planifié, il peut aussi parfois créer cet écart entre les personnes à faibles revenus et ceux les mieux nanties.
Pour en savoir plus, consultez la page de l’INSPQ
Prévention en santé psychologique chez le personnel mobilisé lors d’inondation : un outil pour les intervenant(e)s et les milieux de travail
Pour en savoir plus, consultez la page de l’Institut national de santé publique du Québec
Projet de recherche | Température intérieure des logements en Montérégie : mieux comprendre pour mieux intervenir
Ce projet documente le lien entre la température mesurée à l’intérieur du logement et différents effets sanitaires chez une population vulnérable à la chaleur.
Les changements climatiques affectent les services de santé
Impacts directs sur les services de santé
Lors d’un événement extrême, la situation d’urgence et la forte augmentation de la demande qui s’ensuit peuvent accentuer la pression sur les services de santé. Cette gestion de crise concerne aussi bien le personnel hospitalier, les salles d’urgence ou d’hospitalisation, que les transports ambulanciers.
Du point de vue des infrastructures, plusieurs établissements de santé n’ont pas été construits pour résister à certains événements climatiques, tels que de forts vents, une température intérieure excessive ou une inondation.
Leurs systèmes critiques (les appareils médicaux des salles d’opération et des unités de soins intensifs) ou le bâtiment lui-même (toiture, revêtement, fenêtres, canalisation, système électrique) pourraient donc être endommagés ou non fonctionnels, notamment en cas de coupure d’électricité, ce qui pourrait perturber l’offre de soins.
Le personnel de santé pourrait aussi, d’un point de vue individuel, être affecté par un événement climatique et manquer à l’appel si, par exemple, les infrastructures pour se déplacer sont affectées ou impraticables.
En 2023, l’OMS a publié le Cadre opérationnel pour la mise en place de systèmes de santé résilients face aux changements climatiques et à faibles émissions de carbone. Ce dernier propose des orientations et des indicateurs permettant d’anticiper et de prévenir de façon systémique les risques sanitaires liés aux changements climatiques. Il contribue également à mieux s’y préparer, à y faire face et à réduire la charge des impacts qui pourraient en découler.
En appliquant les dix principaux éléments de ce cadre, les décideurs des systèmes de santé contribueront également de manière significative à la couverture de santé universelle ainsi qu’à l’atteinte de cibles spécifiques des Objectifs de développement durable (ODD).

Figure 3 : Dix éléments constituant le cadre opérationnel de l’OMS pour renforcer la résilience des systèmes de santé face aux changements climatiques (Source: Berry, P., et Schnitter, R. (éd.). (2022). La santé des Canadiens et des Canadiennes dans un climat en changement : faire progresser nos connaissances pour agir. Ottawa (Ontario) : gouvernement du Canada.)
Impacts économiques de la chaleur
La chaleur extrême a des impacts économiques significatifs. Au Québec, les coûts totaux de santé attribuables à la chaleur ont été estimés à 1,5 G$ par année entre 1990 à 2019. Toutefois, compte tenu des changements climatiques et démographiques, ces coûts pourraient s’élever considérablement.
Entre 2040 et 2070, les projections indiquent que ceux-ci pourraient atteindre en moyenne 7,3 G$ par année selon le scénario d’émissions modéré (SSP 2, 4.5) et s’élever jusqu’à 12,6 G$ selon le scénario d’émission élevé (SSP 5, 8.5).
Dernière mise à jour de la page : décembre 2025.

