Les réseaux internationaux pour renforcer la résilience climatique du Québec: l’exemple du Réseau international des organismes frontières en adaptation (INBOA)
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Les changements climatiques s’intensifient et leurs impacts se manifestent de manière de plus en plus interconnectée à l’échelle mondiale. Des chaînes d’approvisionnement perturbées aux dommages causés aux infrastructures, en passant par des risques plus élevés pour la santé, ces impacts se manifestent dans de nombreuses régions du monde, sans égards aux frontières. Dans ce contexte, les collaborations internationales peuvent s’avérer un levier stratégique pour identifier des solutions efficaces, et parfois concertées, pour renforcer notre résilience aux risques climatiques.

Le réseau C40 Cities Climate Leadership Group, qui rassemble près de 100 villes engagées dans l’action climatique, illustre la valeur ajoutée des collaborations internationales. En facilitant le partage de politiques climatiques efficaces et le développement d’initiatives communes, les travaux du C40 ont notamment contribué à orienter le Plan climat de la Ville de Montréal, dont le budget carbone qui s’appuie sur une approche développée au sein du réseau.

Au-delà de cet exemple, la mise en réseau d’organisations favorise la circulation des connaissances, encourage l’harmonisation des bonnes pratiques et facilite, voire accélère, la reproduction d’innovations, tant sur le plan des actions que des processus et mécanismes organisationnels. Dans un climat en changement, les échanges avec des partenaires internationaux peuvent ainsi contribuer à renforcer notre capacité collective d’adaptation face aux impacts du climat.

28 mai 2026 | 10 h

Webinaire INBOA : Mesurer les progrès en matière d'adaptation aux changements climatiques 

 
Des défis communs à l’émergence d’un réseau collaboratif

En 2023, Montréal a accueilli Adaptation Futures (AF2023), la plus grande conférence mondiale consacrée à l’adaptation aux changements climatiques. Organisé par Ouranos en partenariat avec le gouvernement du Canada et le Programme scientifique mondial pour l’adaptation (WASP) des Nations Unies, l’événement a rassemblé plus de 2 400 participants provenant du monde entier. Au‑delà de son importance scientifique, AF2023 a permis de rassembler des « organismes frontières » comme Ouranos, pour discuter des défis liés à appuyer la prise de décision sur des bases scientifique solides.

Les organismes frontières : au cœur de la décision fondée sur la science

Les organismes frontières occupent une position stratégique dans les écosystèmes de l’adaptation climatique. Ils agissent à l’interface entre la production de connaissances scientifiques, les politiques publiques et l’action sur le terrain. Leur rôle consiste à traduire des informations complexes en outils utiles à la prise de décision.

En savoir plus | Qu’est-ce qu’un organisme frontière ?

Ces discussions ont fait ressortir plusieurs constats partagés :

  • Une reconnaissance, appuyée par la littérature, que les organismes frontières proposent un modèle de collaboration propice à la coordination des acteurs et à la mise en œuvre de projets d’adaptation sur le long terme et que ces organisations gagneraient à être davantage interconnectées et à échanger sur leurs connaissances et leurs pratiques;

  • Jusqu’à présent, les interactions entre les organismes frontières sont demeurées limitées, notamment parce que leurs actions s’inscrivent surtout à l’échelle locale ou régionale, qu’elles sont moins visibles dans les forums internationaux et qu’elles ne sont pas nécessairement répertoriées dans la littérature académique;

  • L’adaptation demeure sous-représentée dans les efforts globaux et les mécanismes de financement.

C’est dans cet esprit qu’a été créé le Réseau international des organismes frontières en adaptation (International Network of Boundary Organizations on Adaptation - INBOA) avec le soutien du gouvernement du Québec et d’Ouranos. Le réseau favorise le partage d’expériences, le développement de capacités et la reconnaissance du rôle stratégique des organismes frontières, contribuant à accélérer l’action internationale en adaptation.

S’inspirer des meilleures pratiques

L’un des principaux avantages d’un réseau international de collaboration réside dans la possibilité de s’inspirer et d’apprendre des expériences menées ailleurs, qu’il s’agisse des conditions de succès, des freins ou des écueils. Un tel partage permet d’éviter de répéter les mêmes erreurs et surtout d’accélérer l’évolution des pratiques.

Parmi les membres d’INBOA:

  • L’International Centre for Climate Change and Development (ICCCAD), basé au Bangladesh, illustre la richesse des apprentissages issus de contextes très différents. ICCCAD a développé une expertise reconnue en « adaptation menée localement » (locally-led adaptation), ancrée dans les savoirs et les capacités des communautés. Parmi ses initiatives, un projet a mis en relation des jeunes du Yukon et de la baie du Bengale autour de réalités climatiques partagées. Ces échanges ont contribué à renforcer le leadership des jeunes et leur capacité à porter des actions collectives face aux changements climatiques.

  • Le Stockholm Environment Institute (SEI), basé en Suède, développe des travaux sur les risques climatiques transfrontaliers et leur intégration dans les processus de prise de décision. Leur expertise offre des pistes pour mieux comprendre ces enjeux encore peu explorés au Québec et au Canada, les anticiper et les intégrer de manière plus systématique dans l’élaboration de politiques et d’actions d’adaptation.

La participation active à un réseau international comme INBOA favorise le partage de connaissances et l’identification de pratiques applicables au contexte québécois.

Collaborations internationales pour une plus grande résilience climatique au Québec  

 

Face à des défis climatiques complexes et interreliés, les solutions ne peuvent pas être développées en vase clos. Le réseau INBOA ouvre la voie à une collaboration plus structurée et approfondie autour d’enjeux communs et prioritaires au Québec comme ailleurs. Dans la prochaine année, le réseau organisera notamment des webinaires sur le financement de l’adaptation ainsi que sur la mesure du progrès en adaptation.

Cela offre aussi au Québec une occasion de faire rayonner son expertise et de renforcer son rôle de leader en adaptation climatique. En consolidant ces collaborations internationales, le Québec accroît sa capacité d’action tout en contribuant activement à l’effort mondial d’adaptation aux changements climatiques.

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